Mon fils, pourrais-tu m’emmener pour Pâques ?! Je n’en peux plus de l’odeur des médicaments.

Mon fils, pourrais-tu m’emmener pour Pâques ?! Je n’en peux plus de l’odeur des médicaments.

Mon fils, pourrais-tu m’emmener pour Pâques ?
Je suis épuisé par l’odeur des médicaments.
Autour de moi, des travaux partout, les ouvriers repeignent tout,
Je signerai tous les documents sans difficulté.

Il faudrait que j’aille sur la tombe de Marie,
Cela fait déjà trois ans que je ne l’ai pas visitée.
Chaque jour je sens mes forces me quitter,
Et bientôt les corbeaux commenceront à voler autour.
Ne t’inquiète pas, je m’allongerai dans l’entrée,
Je ne serai à la maison que deux jours.
Je signerai moi-même le document chez le médecin-chef,
Mon fils ! Pour Pâques, pourrais-tu m’emmener ?

Seul dans ma chambre, tout le monde est parti depuis longtemps,
Je reste là comme un hibou, les yeux rivés à la fenêtre.
Les enfants en bonne santé sont tous partis !
Il n’y a plus personne, juste un silence pesant…
Soupirant, Vasily regarda par la fenêtre,
Le ciel bleu et quelques nuages flottant doucement.

Un chat se précipitait vers la cuisine,
Mais il n’était pas prêt à emmener son père…
Il dit alors qu’il viendrait demain,
Et l’emmènerait là où il fallait.
Il le laverait dans la baignoire, le mettrait dans des vêtements propres,
Le temps passerait, ce n’était pas un problème.
De retour chez lui, il raconta à sa femme
Qu’il voulait ramener son père à la maison.
Il y pensait souvent, dans ses moments de tranquillité,
Après tout, c’était mon père, et il comptait pour moi.
Sa femme sauta de son fauteuil, visiblement agacée,
En disant que la maison était un vrai chaos à cause de lui.
Elle mit fin à la question de son arrivée,
Réglant tout rapidement et sans ménagement.

La journée passa comme un éclair, sans qu’on le remarque,
Des proches venus de loin arrivaient chez eux.
Tous les problèmes semblaient s’envoler en un instant,
Entre rires, toasts et bavardages.
Le soleil se couchait derrière le petit jardin de l’hôpital,
Le vieil homme, seul, le regardait à travers la fenêtre.
Il croyait fermement que son fils viendrait,
Peut-être qu’il était juste bloqué dans un embouteillage, ce n’était pas loin.
Il souriait en imaginant les projets à venir,
Pensant qu’il s’assoirait tranquillement près de la tombe.
Les blessures de guerre étaient guéries depuis longtemps,
Mais une seule, dans son âme, saignait encore.
L’infirmière revint alors pour le ramener à la réalité,
Elle lui apporta son repas et une tasse de thé.
La cuisinière avait préparé un gâteau pour la fête,
Puisqu’il était seul, il en mangerait tout seul.

Et vous, pourquoi n’êtes-vous pas allé à la fête ?
Le médecin a signé tous les papiers pour le fils !
La semaine dernière, tout lui a été remis,
Le chef a donné son feu vert.
Le vieil homme resta silencieux, les larmes aux yeux,
Dans la chambre sombre et totalement vide.
Il se sentait oublié, comme un chien abandonné,
Son propre fils l’avait laissé derrière…

Les festivités passèrent, les invités repartirent.
Le fils monta dans la voiture, les sacs pleins,
Les week-ends avaient filé à toute vitesse,
Il offrirait au vieux un peu de soupe chaude…
Il monta les escaliers jusqu’à l’étage,
L’écho de ses pas résonnait dans l’air.

Il n’osait pas discuter avec sa femme,
Il était prêt à accepter sa réponse, quoi qu’il arrive.
Le matelas roulé dans un coin, quel était ce mystère ?
Le lit de son père était vide…
Il devait bien y avoir une explication,
Où avait bien pu disparaître ce malade ?
Ne sentant plus ses jambes, il courut vers l’infirmière…

C’est un infarctus massif, ce n’est pas un secret.
La famille l’a oublié, elle était trop prise par les événements,
Il attendait, inquiet, et voilà la vérité.
Il mourut doucement, près de la fenêtre,
Nous n’avons pas pu le sauver.
Ce monde est devenu fou,
Il lui manquait de la chaleur et un peu d’amour…